Dimanche 19 février 2012
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Conférence
donnée au Colloque Appea 2011
Les classifications pervertissent-elles l'examen
psychologique de l'enfant ?
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Jacques GRÉGOIRE
Professeur de Psychologie, Dr. en Psychologie, Université de Louvain, Belgique, Rédacteur en chef de la
revue ANAE
L'examen
psychologique est souvent assimilé à une activité de classification de l'enfant au sein d'une catégorie nosographique. Le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux - 4e version
(DSM- IV) - développé sous l'égide de l'Association Américaine de Psychiatrie, promeut cette approche catégorielle du diagnostic et est aujourd'hui une référence pour les cliniciens du monde
entier. Cette nosographie descriptive fait aujourd'hui l'objet de nombreuses critiques. Outre son ethnocentrisme (les tableaux cliniques sont, pour l'essentiel, ceux observés dans les pays
occidentaux), elle apparaît normative, distinguant radicalement entre santé et pathologie, et simplificatrice, proposant un «portrait robot» du sujet. En fait, ces caractéristiques ne sont pas
propres au DSM-IV, mais intrinsèques à toutes les nosographies descriptives. Les catégories pathologiques ne sont jamais que le plus petit dénominateur commun entre les sujets qui y sont
inclus.
Face à cette
approche classificatoire de l'examen psychologique, d'autres approches sont aujourd'hui défendues. Les approches dimensionnelles considèrent que les caractéristiques identifiées lors de l'examen
(l'humeur, l'attention, l'intelligence...) se situent sur un continuum allant de la santé à la pathologie, sans qu'existent les ruptures postulées par les classifications. Les approches
idiographiques, quant à elles, rejettent toute idée de classification au profit d'une description de la singularité de chaque sujet.
Dans cet
exposé, nous défendons l'idée qu'il est possible, et même nécessaire, d'articuler les approches nosographiques et idiographiques dans le cadre de l'examen de l'enfant. Les premières nous
permettent en effet de capitaliser l'expérience clinique acquise et de rapprocher le sujet examiné de sujets similaires. Mais classer n'est qu'une étape de l'examen, et non son point final. Les
sujets débordent toujours les catégories dans lesquelles on voudrait les enfermer. Cette spécificité de chaque individu doit être saisie par le clinicien lors de l'examen diagnostique. Par
ailleurs, les classifications ne peuvent introduire de rupture entre santé et pathologie. Les catégories sont des entités conventionnelles qui définissent un certain degré dans l'échelle allant
de la santé à la pathologie.
Mots
clés: Jacques GRÉGOIRE, APPEA, psy colloque, Lyon, psychopathologie,
handicap, questions, tensions ,enjeux, novembre 2011, cite des congres